1. Accueil
  2. Psychothérapie & psychanalyse
  3. La psychanalyse
  4. Ne pas vouloir savoir : combien ça coûte ? Souffrir d'hypocondrie et symptômes psychosomatiques et rencontrer un psychothérapeute à la consultation publique de psychanalyse de Paris 4e
/
Hypocondrie : quand la peur de la maladie appelle la psychothérapie

Ne pas vouloir savoir : combien ça coûte ? Souffrir d'hypocondrie et symptômes psychosomatiques et rencontrer un psychothérapeute à la consultation publique de psychanalyse de Paris 4e


Pierre me contacte un matin très angoissé. Je le reçois le jour même et lui demande ce qui le fait souffrir. Sa réponse ne se fait pas attendre : l’hypocondrie. Et ce depuis quatre mois. Je l’interroge : s’est-il passé quelque chose de particulier il y a quatre mois ? Il réfléchit et m’annonce : « ça n’a pas de rapport mais j’ai arrêté de travailler. Ça m'a pas perturbé plus que ça, ça ne me dérangeait pas ». Il y a, dans le travail, comme un tuteur qui vient soutenir la personne dans son existence.

Pierre travaillait à l’étranger, en Europe, dans une entreprise française. A la fin du mois d’août, son contrat prend fin, il rentre en France, à Nice, et ses symptômes se déclenchent : il a mal au thorax et pense avoir un problème cardiaque. Il se rend à l’hôpital où des examens sont réalisés : il n’y a rien qui, médicalement, justifie sa douleur.

Cela se répète plusieurs fois, ces symptômes puis d’autres apparaissent. Il retourne à l’hôpital, repasse des séries d’examens, avec en tête l’idée d’avoir le SIDA, puis la sclérose en plaques : le nom de la maladie le harcèle, se répète, dans sa tête.

Un jour, à l’hôpital, c’est un psychiatre qui le rencontre et lui donne les coordonnées du CMP. Pierre dit « J’y ai vu une psy, deux ou trois fois, qui m’a expliqué que j’avais un délire hypocondriaque, que j’étais tellement persuadé d’être malade que ça servait à rien de parler, qu’un traitement avec des médicaments était la seule chose qui me calmerait et m’enlèverait ses pensées ». Lors de cette première rencontre, ce n’est pas un délire que Pierre exprime, mais une peur. Je l’interroge : est-il certain d’être malade ? « Non, le pire c’est ça, c’est le doute. Parfois, j’arrive presque à me convaincre ». Presque. S'agit-til d'hypocondrie ou de nosophobie ? Est-on là en présence de symptômes corporels et psychosomatiques ? L'avancée de la psychothérapie permettra d’affiner le diagnostic.

Pierre a quitté Nice et a emménagé en région parisienne. La proposition du CMP, il dit ne pas pouvoir l’accepter. Ces symptômes ne sont pas nouveaux. Il a aujourd’hui 28 ans. A 18 ans, il avait déjà déclenché cette peur massive, handicapante, d’être atteint d’une maladie grave, peur qu’il réussissait à taire au prix d’un traitement médicamenteux lourd, qu’il a pu, avec son médecin, diminuer jusqu’à l’arrêter, il y a deux ans. Il ne veut pas « retomber dans les anxiolytiques, ou pire ».

Je lui propose donc de venir me rendre visite, régulièrement, dès le lendemain, pour, comme il dit, parler cette angoisse. Il ne peut pas payer grand-chose et j’accepte qu’il paye ses séances ce qu’il peut, pour le moment. A la Consultation Publique de Psychanalyse (CPP) du RPH, le clinicien travaille avec cette stratégie, élaborée par Fernando de Amorim : il installe le transfert et rend possible l’entrée en psychothérapie, quels que soient les moyens financiers de la personne qui vient lui rendre visite. Il nourrit ce transfert afin que la personne puisse occuper la position de patient et s’accrocher à cette cure. Il lui propose de venir régulièrement, tous les jours ou plusieurs fois par jour si la situation le nécessite, mettant en place la technique de l’écarteur, également proposé par Fernando de Amorim. Le clinicien poursuit ainsi, il conduit la cure qui vise à ce que le patient trouve une façon d’être au monde vivable pour lui. S’il est psychotique, ce sera sous la forme d’un quatrième nœud, comme a proposé de le théoriser Jacques Lacan, sinon, ce sera au travers d’une durcharbeitung, un travail permanent, selon le vocabulaire freudien.

Pour autant, à la CPP, les séances ne sont pas gratuites. Elles ont un prix.
Il est très difficile à Pierre de déterminer quel prix il peut payer pour ses séances. Il est en difficulté, financièrement. Il emploiera alors cette formule : « Heureusement que j’ai la CMU, sinon, je ne sais pas comment je ferais en ce moment ».
Parce que les examens de Pierre ont un coût, les consultations aux urgences, les radiographies, les examens, les lits d’hôpitaux, qu’il semble solliciter très fréquemment, tout cela a un coût. Qui paye pour cela ? Pour l’instant, ce n’est pas à lui, Pierre, que ça coûte.

Pierre tire bénéfice d’un système qui lui permet de nourrir son symptôme et de continuer à ne pas savoir.

Comment s’étonner qu’à la deuxième séance – manquée – je lui téléphone, cherchant à savoir si je dois l’attendre et qu’il me réponde : « Non, pas aujourd’hui, je suis malade, je dois faire des prises de sang et une radio, je vous rappelle ».


Pour continuer, vous pouvez consulter les articles sur :
Publié le : 30/11/-0001
Mis à jour le : 06/04/2026
Partager :
/
Me contacter
Les champs indiqués par un astérisque (*) sont obligatoires
À découvrir
Ou trouver un psychiatre pour faire une psychanalyse proche Paris 75002 ?

La clinique du partenariat - Comment psychothérapeute et médecin travaillent ensemble à Paris 75 et en Île de France?

L’Ecole de psychanalyse du RPH est née à Paris, il y a une vingtaine d’années, d’une collaboration entre psychanalystes et services de médecine.Fernando de Amorim a développé cette expérience en proposant, dans les services de médecine, de venir rencont...
En savoir plus
Où trouver un psy remboursé ou un psy conventionné à Paris 75012 ?

Quel est le tarif d'une consultation d'un psychothérapeute à Paris 75 et est-elle remboursée ?

Les consultations auprès d’un psychologue, d’un psychothérapeute ou d’un psychanalyste ne sont pas remboursées par la Sécurité Sociale. Chaque professionnel établit le montant de ses honoraires.Cependant, il est possible, dans le cadre de la Consultatio...
En savoir plus
Trouver un psychologue pas cher à Paris 75012
Consultation Publique de Psychanalyse — Paris 10

La Consultation Publique de Psychanalyse : faire une psychothérapie ou une psychanalyse à Paris 75 et en région parisienne

Marine Bontemps assure une Consultation Publique de Psychanalyse (RPH) à Paris 10, près de la Gare du Nord. Ouverte à tous, tarifs adaptés à votre situation, séances gratuites dans certains cas. Contactez-la au 06.32.24.89.50.
En savoir plus
Vous souhaitez un accompagnement ?
Prendre RDV